Christian Bobin: quand la poésie révèle l’intensité de l’existence

Bonjour à tous,
Cette semaine découvrez sur lepoint.fr ma rencontre avec Christian Bobin. Un moment enthousiasmant et éclairant pour moi. Et, je l’espère pour vous aussi 
 
On ne lit pas Christian Bobin, l’un des plus grands poète de sa génération, sans se laisser emporter, pénétrer, par la transparence cristalline de son verbe. On découvre, savoure, ses mots avec précaution, tant il nous offre la vérité bouleversante de son être et de ses expériences, de manière tranchante, forte, unique, authentique. Dans son dernier livre, l’homme-joie (Editions de L’Iconoclaste), il nous parle de sa manière d’être présent à ce qu’il ressent ; des moments qui le frôlent légèrement ; des rencontres qui s’insèrent intensément en lui ; et de son amour perdu, qui n’empêche en rien, dit-il, que la vie soit « bien plus belle que ce que nous l’imaginons ». Une découverte que nous aussi, pouvons faire, grâce à ce recueil. Un voyage étonnant au cœur des mouvements du silence, des couleurs de la lumière, des ténèbres du quotidien, des éclats de rireexubérants de l’existence. Et, parce que, tout est pour ce poète incandescent, vivant, en lien, et en résonance, quand nous refermons son livre, ébranlés, différents, nous regardons le monde autrement.
On vous sait solitaire, on vous imagine sauvage, peu enclin à la conversation, et notre rencontre débute par un grand rire.
En réalité, beaucoup de sourires traversent mes livres. Ils rayent, un peu, la vitre de papier. J’aime aller voir ce que je ne connais pas, l’imprévu, rencontrer des gens. Il n’y a rien de plus rare, ni de plus vivant, ni de plus important au monde que d’essayer de rencontrer quelqu’un. L’autre est un miroir. Si le miroir est de bonne qualité, il nous permet de nous deviner en lui. Il y a très peu d’évènements fondateurs dans une existence. Quatre ou cinq. Tout ce qui mérite le nom d’évènement est sans doute de l’ordre de la rencontre. Le coup porté par une émotion, le bouleversement induit par une beauté ou une épreuve, font que l’on se rencontre soi-même, tout en découvrant autre chose de soi. La rencontre est le but et le sens d’une vie humaine. Elle permet qu’on ne la traverse pas en somnambule. Quand mes yeux se fermeront, ils le feront sur une immense bibliothèque constituée par des visages qui m’auront ému, troublé, éclairé. Un visage est éclairant quand un être  est bienveillant et qu’il est tourné vers autre chose que lui-même. Le soin qu’il prend de l’autre, l’illumine, le rend vivant. Il capte une lumière et la renvoie. C’est quelque chose de rare.  La richesse de cette vie est faite surtout de visages et de quelques paroles. Les mots ne sont pas les plus importants. Ils enferment parfois. Alors que quand ils sont simplement allusifs, à peine écrits, ils amènent le lecteur à faire un travail psychique, délivrant, sur lui-même. Les livres sont agencés pour permettre à un silence bienfaisant, fraternel de venir. Dans cet espace, quelque chose de l’auteur rencontre le lecteur, et celui-ci y rencontre quelque chose de lui. Dans ce monde, on parle trop, pour ne rien dire. Ecrire, permet d’aérer le langage, de faire venir de la lumière, quelque chose de neuf et de silencieux entre les mots, sous les phrases. Ce silence est bienfaisant.

Le bonheur  qu’est-ce que c’est pour vous?

Ce n’est pas le contraire du malheur. Une vieille gitane a dit un jour que la vie la plus riche est celle où on a beaucoup souffert. Si, on entend, précisément cette phrase, il n’y a rien de doloriste. C’est juste que la vie qui s’es
t affrontée le plus à la vie, est sans aucun doute, la plus heureuse. L’image physique du bonheur serait d’imaginer un rosier injurié par la grêle. Il est dans le réel brut et pur.
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