En finir avec la dictature du bonheur ! Et, être libre d’être heureux ou malheureux !

Les fêtes de fin d’année approchent et avec elles, la nécessité d’être heureux à tout prix notamment au moment du fatal minuit du 31 décembre et du passage à la nouvelle année ! Passage qui ressemble à s’y méprendre à la traversée de la mer Rouge par Moise tant l’entreprise, ardue, repose sur une foi absolue en un hypothétique futur proche meilleur.
A l’approche des fêtes de fin d’année (même chose avant les vacances d’été), les sociologues et les médias se questionnent sur le bonheur ? Ce qu’il est ? Comment le réaliser ? Sur ses ingrédients indispensables ? Etc.
Deux études publiées en France et aux USA y répondent en nous disant en substance, « ne craignez rien, dans la vie privée comme dans l’activité professionnelle, il y a encore beaucoup de raisons d’être heureux. »
Ouf ! Nous voilà rassurés, surtout si nous avons plus de 40 ans, car, l’enquête française l’affirme, « à la quarantaine le bonheur frappe à nos portes ».
Un constat évident pour beaucoup d’entre vous. Tous ceux qui sont passés par l’adolescence, avec ou sans boutons d’acné ; par les émois et ruptures des premières amours, avec les angoisses et les larmes qui vont avec ; par les difficultés rencontrées pour mener à bien des études, puis un premier travail…. Tous ceux là savent bien en effet qu’une certaine sérénité est possible vers 40 ans grâce à tous les apprentissages offerts par la vie jusqu’à 40 ans.
Il est cependant à noter que selon ces enquêtes, les raisons qui participent à notre bonheur, évoluent cette année. Parmi celles ci, on trouve désormais des notions basées sur la confiance en soi, sur l’estime de soi, sur la nécessité de s’ouvrir aux autres, sur le besoin d’être plus solidaires, de ne pas subir et d’agir, de profiter des simples plaisirs de l’existence comme un coucher de soleil, une belle musique, etc.
La société de consommation montrant ses limites, nous cherchons donc désormais d’autres voies, d’autres moyens qui combinent bonheur terrestre et bonheur-nirvânâ, du moins pour ceux et celles qui croient en un ailleurs. C’est un droit, nous le revendiquons et établissons des conditions qui supposent le respect de soi et des autres, l’amour de soi et des autres.
Dans le Bouddhisme la clé du bonheur est indissociable de ce que la souffrance enseigne. Pas de celle qui punit ou qui est subie comme une rédemption, mais comprise, acceptée, reconnue sous toutes ses formes afin de ne plus retomber et de ne plus se laisser happer par des pensées, actions, paroles qui génèrent le cycle des renaissances.
Le Bouddha est souvent comparé à un thérapeute. Médecin des corps et des esprits Sakyamuni (Bouddha) a décrit un processus en quatre étapes. Il a diagnostiqué la maladie -la souffrance-, déterminé la cause de cette pathologie -ses raisons-, montré le but – la cessation de cet état de souffrance, l’éveil- et indiqué  un traitement -les moyens sur la Voie-. Nous sommes responsables de cette quête, non victimes. Son échec nous conduit à renaître. Sa réussite se jauge à notre façon d’être et de percevoir le monde, à notre sérénité, à la paix de notre esprit y compris dans les épreuves, à la qualité de notre bonheur, le nôtre comme celui des autres.
Il y a quelques années encore, être heureux, passait d’abord et avant tout pour la plupart des personnes, par le fait de consommer. Aujourd’hui, la crise est là et nos valeurs changent peu à peu en profondeur.
C’est vrai mais nous devons aller plus loin et agir pour que cesse cette dictature du bonheur prônée par nos sociétés. Elle est une autre forme de consommation à outrance.
On ne peut pas être heureux, 24H/24H. Cela n’existe nulle part. Sur aucune planète. Ni sur celle des humains ordinaires, ni sur celle des sages !
Nous sommes des êtres humains et nous avons le droit d’être parfois fatigués, déprimés, heureux, insouciants, avec ou sans désirs, intelligents ou pas, courageux ou pas…. bref, d’être nous-même ! A condition cependant, de ne pas être victime de soi et de ne pas polluer l’espace des autres avec nos faiblesses, souffrances, terreurs. C’est aussi à cela que sert l’intimité. C’est un espace qui ne concerne que soi ! C’est un face à face avec soi-même au cours duquel nous pouvons être complètement nous-mêmes, sans rien faire subir aux autres puisqu’ils en sont exclus momentanément.
Autorisez-vous ces moments de rencontre avec vous-mêmes au cours desquels vous pouvez rire, pleurer, ne rien faire….  Et, c’est parce que vous pourrez vous accorder ce type de récréation que vous vous  montrerez plus généreux, plus ouvert, plus convivial ensuite avec les autres quand vous les rencontrez.
Mais, pour cela, n’essayez surtout pas d’être heureux non stop ! Vous frôleriez le Burn-out !

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