Bernard werber : nous ne sommes qu’au début de l’aventure de la conscience:

 
En 1977, Bernard Werber a 16 ans quand il commence à écrire la trilogie des fourmis. On y entrevoit déjà ce qui fera par la suite sa griffe, une grille de lecture très spécifique de notre univers qui mêle sur fond de polar, l’évolution des espèces,  les mythes, la science, la biologie, la spiritualité, la philosophie, et le surnaturel.  Et, ca marche. Depuis 20 ans, des millions de lecteurs dans le monde aiment passer en compagnie des héros de ses sagas, les membres de la famille Wells, de l’autre côté du miroir et découvrir que nos existences ne ressemblent en rien à ce que laissent supposer leurs formes apparentes. Cette fois encore, ses fans adoreront imaginer avec le petitdernier des Wells, David, notre futur, la 3ème Humanité ( Albin Michel).
Vingt ans après les fourmis, on retrouve dans ce 1er volet, votre verve d’auteur-journaliste passionné de sciences. Quel est le pitch du livre ?
Au début de l’intrigue, Charles Wells, paléontologue et père de David, découvre en Antarctique les restes de squelettes humains d’environ 17 mètres de long. C’est la 1ère Humanité. Selon mes personnages, elle est originaire d’une île, l’Atlantide. Nous sommes la seconde. Elles’achève. Les bouleversements du monde obligent mes deux héros, David Wells et Aurore Kammerer, à en imaginer, une autre. Ils créent la 3èmehumanité. Miniature, chacun de ses individus, d’une taille de 17 cm, naît d’un œuf. Le roman tente de répondre à deux questions : D’où venons-nous ? Qu’allons-nous devenir dans les siècles à venir ? Nous sommes une espèce très jeune. La moindre bactérie à au minimum 250.000 millions d’années. En tant que petits derniers, nous avons encore beaucoup de mutations à connaitre.
Ces mutations ne peuvent se faire, selon vous, qu’en incluant la participation active et volontaire de l’un de vos personnage omniprésent, Gaïa…
Si l’on regarde la terre de l’espace, ses couleurs sont magnifiques, sa surface bouge, son apparence se modifie en fonction des intempéries et de la pollution. Pourmoi, c’est une sphère vivante qui pense, possède une conscience et qui nous parle à sa façon, à chaque instant. Les séismes, les ouragans, les tornades sont par exemple sa manière de répondre aux agressions de l’homme. Au départ, elle devait être le personnage principal du livre mais l’intrigue ayant évoluée au fur et à mesure de l’écriture, j’ai du lui donner une autre place. Gaïa demeure cependant très présente. Elle accompagne le lecteur, lui donne son point de vue, lui raconte ce qu’elle pense de nous, les humains. Ses mots, sa parole, ses réactions, nous aident à mieux nous la représenter et à changer nos comportements. Tout ce que nous faisons et pensons interagit avec elle. En prendre conscience peut sans doute nous aider à devenir plus responsables vis-à-vis d’elle, des animaux, des plantes, et de l’air. 
Vous vous adossez beaucoup à l’actu. Est-ce que selon vous, la violence, la montée des intégrismes, les excès de nos sociétés consuméristes, pourraient un jour justifier, la naissance d’une 3ème Humanité ?
Je m’appuie sur des news authentiques et j’en invente d’autres pour rendre le contexte plus effrayant encore. La réalité vécue par Aurore et David est si terrible et alarmante, qu’ils n’ont d’autre choix que d’explorer de nouvelles perspectives. Ils le font en tant que chercheurs. D’où la création de cette 3èmeHumanité miniature. La science a montrée qu’au cours des millénaires passés, la nature à réduit la taille des espèces qui lui posaient problème. Les dinosaures sont devenus des lézards, etc.
Le sachant, Aurore et David ont imaginés que des humains plus petits nous succèderaient. Cette solution résoudrait les problèmes liés notamment à la pollution et à la démographie mondiale galopante. A condition, de ne pas répéter les mêmes erreurs. Ce qui demande de se questionner sur ce
qu’est une transmission réussie afin de ne prendre que le meilleur des générations précédentes.
 Pour comprendre les besoins de la Terre, et communiquer avec elle, Aurore et David entrent en transe. Ce n’est pas donné à tout le monde. Si nous devons en passer par là, l’avenir est sombre…. ( sourire)
Nous pouvons tous communiquer avec la terre si nous le souhaitons et y travaillons. Dans un certain état de détente, d’abandon, et sans utiliser de drogue, c’est possible. Dans le roman, mes héros prennent des plantes pour leur faciliter l’accès à des états de transe.Mais à titre personnel, je suis contre le recours à des drogues. Il y a un prix à payer quand on touche à son cerveau. De plus, nous n’en avons pas besoin quand on crée car on est, alors, spontanément, en relation avec des forces de vie qui nous échappent habituellement. Créer est une grande responsabilité. Nous ne le comprenons pas toujours car nous nous ne sommes qu’aux débuts de l’aventure de la conscience. La conscience est une pensée globale qui permet de percevoir en même temps, ce qui se passe à l’intérieur et à l’extérieur de nous ; le fait que tout ce qui existe est en lien; que la planète est vivante et connectée aux humains ; que nous sommes en relation avec tout l’univers. La conscience déployée à 360 degrés est multidimensionnelles. C’est cette découverte que je propose au lecteur dans 3èmehumanité.
 
Comment menez-vous, à titre personnel, cette aventure de la conscience?
En même temps que j’écris des livres je m’auto-éduque pour m’améliorer. Je suis naturellement un type nerveux, angoissé, rapide, toujours en activité. Ecrire que le monde doit changer et ne rien faire pour l’y aider, ne me satisfait plus. Je dois, moi aussi, me transformer. Pour cela, je m’oblige à me poser, à me calmer, à respirer. Je réfléchis, je me lave le cerveau en méditant, je remercie pour ce que la vie me donne. Je crois beaucoup à la gratitude, à l’importance d’apprécier ce que l’on a. Comme tout le monde, j’ai le choix, la possibilité de m’élever. Je me dois donc d’adopter une rigueur et une discipline personnelles pour être en phase avec ce que je propose dans mes romans. Ce n’est qu’en étant vrai que je peux rester crédible et faire que ceux qui me lisent se reconnaissent dans mon récit. Un bon livre est un miroir. Un lieu où le lecteur se retrouve. Le lecteur est au centre de chacun demes livres. Il est l’un de mes personnages principaux. C’est pourquoi, je précise à la 1ère page, que le roman commence 10 ans après que le lecteur ait ouvert le livre.
Dans chacun de vos livres vous exprimez votre quête intérieure du moment, en la romançant. Est-cepour qu’ils deviennent des contes initiatiques modernes?
Les romans sont pour moi, une méthode ludique de diffusion desidées. Un bon roman change les lecteurs, répond à ses questions. Je crois au pouvoir des contes de fées initiatique. Mes livres font de la philosophie-fiction. Ilsne sont ni moralistes, ni empreints d’exotisme ou d’ésotérisme particulier. Ils proposent des pistes pour répondre aux questions que je  me pose et que nous nous posons tous, sur l’évolution des humains.
 
Votre définition du bonheur ?  Apprécier ce que l’on a!

Vos 10 clés pour être heureux en pratique ?

1.    Apprécier ce que l’on a

2.    Faire les choses en pleine conscience : être là !

3.    Essayer de se réaliser, ce qui suppose de connaître son mode d’emploi spécifique

4.    Ne pas  être à côté de ses pompes : développer la conscience de ce que l’ont fait, dit, pense, ressent.

5.    Se poser, se centrer et respirer, pleinement, en conscience

6.    Pour que mon cerveau ne soit pas saturé d’informations, faire chaque jour, au moins 3 minutes de méditation

7.    Être le plus souvent possible en contact avec la nature et les 4 éléments : l’eau, la terre, air, le bois

8.    S’entourer de gens lumineux,

9.    Rire, se détendre et essayer de prendre du recul

10.Savoir défendre mes valeurs de vie

 Soyez heureux, et faites en profiter les autres
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