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Quand la méditation de la Pleine conscience et les méthodes de développement personnel agissent comme du Prozac au quotidien :

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bonjour,

Dès lors qu’une méthode, quelle qu’elle soit, est sortie de son contexte et devient, pour nous, une panacée universelle en soi, il importe de s’arrêter et de réfléchir à ce qu’elle dit de nous et de notre époque.

Bien sûr, je trouve formidable que de plus en plus de personnes, en Occident, soient soulagées, réconfortées, apaisées, en pratiquant par exemple la méditation de la Pleine Conscience ou d’autres méthodes issues du bouddhisme. Mais se penser bouddhiste parce qu’on les pratique est une première erreur. Croire ensuite, car il faut avoir une grande foi en la méthode et en ceux qui la transmettent, qu’elle guérit notamment nos peurs, en quelques semaines, est une seconde erreur. Enfin, la consommer comme un médicament est une 3ème erreur.

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La méditation n’est pas là pour servir de pseudo-médicament à nos angoisses. Elle est bien plus que ça. Comme le disait Khandro Rinpotché, l’une des rares femmes maîtres bouddhistes, dit en substance à ce propos : « Le bouddhisme n’est pas là pour soigner les plaies du cœur. Si vous avez mal à la tête, vous prenez une aspirine et vous pouvez ensuite vous atteler à des tâches qui sont pour vous essentielles. Si vous avez des problèmes affectifs, soignez-vous avant d’apprendre et de pratiquer le bouddhisme. S’engager sur la Voie bouddhique ne consiste ni à suivre une thérapie, ni à expérimenter des méthodes de bien-être. Le bouddhisme vise à réaliser l’éveil, c’est-à-dire à se libérer de toute identification à la souffrance. Ce qui demande un entraînement quotidien de l’esprit… ».

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Tous les maîtres enseignent ce principe. Mais la plupart des Occidentaux, en quête désespérée de solutions qui les aideront à résoudre sans attendre leurs problèmes et à se sentir rapidement mieux, dans ces sociétés de consommation qui les vampirisent, n’entendent pas ces paroles de sagesse. Ils ne s’arrêtent qu’au sourire et à la sérénité éclatante du Dalaï Lama et des maîtres tibétains. Ils ignorent les années d’efforts et de rigueur qui leur furent nécessaires pour atteindre cet état apparent de paix intérieure. Toute évolution, et apprendre à devenir serein, repose en effet sur des apprentissages, plus ou moins longs selon les individus. Des apprentissages, qui obligent à suivre une discipline afin d’accéder à un savoir qui s’adresse à la fois au corps, à l’intellect, au cœur et à l’esprit.

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En ce qui me concerne, ce parcours qui n’est pas achevé, m’a déjà demandé beaucoup de temps, de la patience, des efforts constants, de la volonté. Pendant plus de trente ans, j’ai expérimenté différentes méthodes en tant que pratiquante bouddhiste, sophrologue, coach, spécialiste de l’accompagnement des émotions selon la tradition asiatique….. et, je ne peux que comprendre les interrogations de celles et ceux qui se tournent aujourd’hui vers moi, en se demandant, pourquoi, malgré une pratique assidue de la méditation, « ils rechutent dans la souffrance » ? Pourquoi pratiquer la médiation ne guérit pas, une fois pour toute, de ce qui a poussé à la pratiquer ?

Aucune méthode n’est magique. Aucun traitement n’est magique.

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Nous sommes inscrits dans la vie, qui est mouvement, évolution, dynamique, souffle, énergie, et c’est une formidable aventure si nous acceptons l’idée que toute transformation, quel que soit le but recherché, demande du temps et de pratiquer avec constance et avec amour et compassion, certaines méthodes. Ces propos, loin de se vouloir pompeux ou décourageants, témoignent de la prise en compte de ce qui nous relie tous et qui participe à construire la trame commune sur laquelle nous édifions nos existences : notre humanité. Notre humanité ordinaire, faite de hauts et de bas, d’espoirs et d’illusions déçus, du tumulte de nos émotions, des peurs que nous rencontrons, de nos forces et de nos faiblesses, de nos aptitudes et de nos talents.

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Les apprentissages permettent de passer peu à peu de la survie à la vie, en apprenant à accepter, à comprendre, à temporiser, à se détendre, à prendre du recul, et à être heureux ou pas selon les moments, sans que cela ne pose de problème. Bref, à vivre. Ce qui se manifeste notamment par un changement progressif mais radical dans la manière d’appréhender les choses. Ce périple est ponctué de doutes, de certitudes, de remises en question, de lâchers-prise, de renoncements, d’incompréhensions, de violentes impressions de non-sens et d’absurdité, mais quel bonheur quand nous comprenons que cette progression intérieure  en aparence cahotique, témoigne en fait, de nos avancées. C’est grâce à cela que nous acquértons, peu à peu, une perception différente des événements que nous vivons. Nous les reconnaissons, peu à peu, simplement pour ce qu’ils sont, sans jugement, sans culpabilité. Ce qui participe à changer foncièrement la posture que nous adoptons face à l’existence. La vie ous habite alors, telle qu’elle est, « une sans un second ». Nous cessons de projeter en permanence nos peurs, nos désirs, nos rêves, nos faiblesses, et nous retrouvons le lien avec notre profondeur. Nous pouvons, tous,alors,  nous ouvrir, sans crainte, à l’inattendu, à la beauté et à la plénitude incroyable du présent, Car il nous vient alors l’intime certitude que tout, absolument tout, compose fondamentalement le repas de notre existence.

Belle et joyeuse route

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1 Commentaire

  1. Quel article Catherine ! C’est merveilleux de te lire. Nous pouvons sentir toute la profondeur de ce que tu souhaites transmettre. Prendre du recul sur l’habitude de consommation, même spirituelle, dans laquelle nous sommes et retrouver l’unité et plénitude du présent quelque soit la forme qu’il prend est tout un programme 😉 Merci pour ta voix dans ce paysage. Amitiés

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